Presque toutes les communes publient un bulletin d'information municipal, sous forme papier ou numérique. Ce document est financé sur le budget communal, donc par l'ensemble des contribuables, quelle que soit leur sensibilité politique.
Presque toutes les communes publient un bulletin d’information municipal, sous forme papier ou numérique. Ce document est financé sur le budget communal, donc par l’ensemble des contribuables, quelle que soit leur sensibilité politique.
Dans de nombreuses communes, le bulletin municipal est rédigé et contrôlé exclusivement par l’équipe majoritaire. Il valorise les réalisations de l’exécutif, présente les projets sous un angle favorable, et tend à minimiser — voire à ignorer — les points de désaccord, les retards ou les difficultés non résolues. Ce parti pris, lorsqu’il est systématique, constitue un détournement de la vocation informative du bulletin.
L’article L.2121-27-1 du CGCT impose aux communes dotées d’un organe d’information municipale que celui-ci réserve un espace d’expression aux conseillers n’appartenant pas à la majorité. Cet espace doit être proportionnel à leur représentation au conseil. En pratique, son application est inégale : il est parfois relégué en fin de bulletin, dans un format nettement moins mis en valeur que les contributions de la majorité.
L’opposition dispose-t-elle d’un espace d’expression équitable, dans des conditions comparables à celles de la majorité ? Les sujets délicats — retards de chantiers, hausses de fiscalité, litiges — sont-ils abordés de manière équilibrée ? Ou le bulletin ne présente-t-il que des inaugurations et des succès ?
La fusion peut être l’occasion de créer un bulletin centralisé qui efface progressivement les identités locales des anciennes communes et impose une communication unifiée, contrôlée uniquement par la nouvelle majorité, au détriment de la pluralité des points de vue.
À retenir : Un bulletin municipal financé par tous les contribuables a vocation à informer l’ensemble des habitants, et non à servir exclusivement les intérêts de communication de l’équipe en place. Lire un bulletin en s’interrogeant sur ce qu’il ne dit pas est un réflexe citoyen pertinent.